D’un Soleil à l’Autre

Le lieu de l’exposition d’un soleil à l’autre vaut à lui tout seul le déplacement. Si comme moi vous n’avez pas de voiture il y a de forte chance pour que vous soyez obligé de marcher les 2 km entre la base sous-marine de l’arrêt cité du vin du tram B. La base sous-marine commence à apparaître dès le début de cette marche mais il faut vraiment s’approcher pour comprendre la démesure et le gigantisme d’un tel ouvrage. Lorsque l’on se trouve à  ses cotés on mesure l’épaisseur des couches de bétons visant à protéger les
sous-marins allemands pendant la seconde guerre mondiale.

 

 

L’intérieur la base sous-marine est un lieu sombre et lugubre qui se prête bien aux différents jeux de lumière de l’exposition d’un soleil à l’autre. A peine commencé, l’exposition vous plonge dans une obscurité quasi complète. Il est d’ailleurs très facile de se perdre dans avec ces nombreux couloirs étroits et peu éclairés.

 

 

Ce défaut de luminosité a pour but de mettre en enherbe les différents jeux de lumière de l’exposition. L’une des premières œuvres que l’on peut admirer est un laser perçant un grand volume d’eau. On a comme l’impression de voir une « tranche » d’eau tout comme on aurait une tranche de saucisson.

 

La deuxième œuvre qui m’a beaucoup plu fut une série de photo illustrant la surface du soleil. On y aperçoit les dizaines d’éruption solaire d’une puissance inouïe projetant de la matière sur des dizaines de milliers de km de hauteur.

 

 

 

Enfin sur cette dernière œuvre de science-fiction, les artistes Sylve Truyman et Pierre-Jacques Truyman ont imaginé comment la civilisation pourrait évoluer sur un corps céleste.

 

 

 

Étant donné l’obscurité calculée du lieu, les photos ne rendent pas honneur à cette exposition. Il n’est malheureusement plus possible de visiter cette exposition mais d’autres expositions ont lieu régulièrement à la base sous-marine et je conseille à chaque bordelais de s’y déplacer au moins une fois, c’est une expérience unique !

Renversant

Si comme moi tu es amoureux des musées, tu as bien sûr remarqué que chaque grande toile était toujours superbement encadrée. Logique non ? on ne va pas suspendre un Picasso avec des pinces à linges ! De la même manière si on considère le vin comme une œuvre d’art il est essentiel de bien le présenter.  Cette exposition raconte l’histoire d’orfraies cherchant à transformer la nécessité pratique de servir le vin en œuvre d’art.

 

Certaines pièces ont clairement privilégié le côté esthétique au dépend de la fonctionnalité. Certaines pièces ne sont clairement pas destinées à être utilisées dans la vraie vie. Je me suis plusieurs fois demandé mais comment on utilise ce machin ?

 

 

Autre pièce totalement loufoque à mi chemin entre un arbre un vin et une piñada mexicaine. https://pin.it/lle62hvycgkl7s

 

Au contraire ce que j’ai vraiment aimé les artistes ayant fait l’effort de garder le coté fonctionnel.

 

Bon je n’utiliserai peut-être pas cette carafe lorsque je recevrais mes futurs beaux-parents mais au moins c’est fonctionnel !

 

J’ai également vraiment aimé ces verres originaux qui tranchent avec les verres à pieds que j’ai l’habitude d’utiliser. Pour être tout à fait honnête le fait que l’on ne puisse pas les remplir au ras-bord me dérangent quelque peu  …

 

 

Mais mon œuvre préférée c’est bien celle-ci-. Une carafe toupie. Les rotations de la toupie permettent d’aérer le vin !

 

Bon vous avez compris on trouve de tout dans cette exposition, des plus loufoques aux plus fonctionnels. J’ai un petit faible pour les œuvres plus fonctionnels, les mauvaises langues diront que c’est mon côté alcoolique. J’espère vous avoir donné envie de visiter cette exposition, n’hésitez pas y aller faire un tour il l y en a pour tous les goûts !

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Infos pratiques :

Jusqu’au mardi 30 juin 2019

La cité du vin,

150, 134 Quai de Bacalan
33300 Bordeaux
France
 

Sous les mers

L’exposition est le fruit du travail de deux célèbres photographes sous-marins, David Doubilet et Paul Nicklen. Le premier sillonne les mers du monde au grès de ses rencontres subaquatique tandis que le second s’est plus spécialisé dans les eaux froides des pôles.


Avis aux amateurs, les photos sont d’un autre level que celles que j’ai prise avec ma coque iPhone imperméable sur la plage de Biarritz. Là anguilles et dauphins, côtoient requins et léopards des mers.  C’est aussi l’occasion de comprendre comment nos activités humaines affectent ces espèces.

 

Sur cette récente photographie prise par David Doubilet, on y voit un plongeur encerclé par un banc de barracudas (le poisson) au large des îles Galápagos. Il aurait été difficile de prendre cette photographie à la fin des années 90. En 1997 le phénomène el Niño a durement modifié les courants, perturbant la chaine alimentaire. La faune maritime s’en est trouvée décimée. Des espèces locales ont perdu près de la moitié de leur population. Le phénomène el Nino existe depuis des millénaires mais les scientifiques estiment que le réchauffement climatique en intensifie la violence.

Bref quand on rentre dans cette exposition on est d’abord frappé par la beauté des espèces évoluant dans leur habitat naturel. Mais très vite un petit texte nous explique pourquoi et comment nos activités humaines les menacent.

Là je m’adresse particulièrement à ceux se sentent plus à l’aise de nager avec une autre personne. On se dit que si un requin arrive ce sera une chance sur deux ^^.  Oui le requin blanc est terrifiant mais il ne s’attaque que très rarement à l’homme et souvent par erreur (mais il s’excuse toujours). En soit on a plus de chance de mourir frappé par la foudre plutôt que déchiqueté par les dents étonnamment blanches du requin.

100 millions de requins sont capturés chaque année ce qui menace considérablement la répartition de cette espèce. On est passé de 15 espèces menacées en 1996 à plus de 180 espèces. A ce rythme là on court vers la catastrophe écologique étant donné que les requins sont essentiels à la régulation des autres poissons.

Sur cette série de photos prise par le photographe Paul Nicklen on peut y admirer un autre super prédateur cette fois ci du continent Antarctique. Du fait peut être de l’éloignement de son habitat naturel avec celui des hommes, le léopard des mers n’est pas considéré comme menacé.

Sur cette photo de David Doubilet, on peut voir la mer prendre la couleur du sang des dauphins massacrés par des pêcheurs japonais.

Avis aux passionnés de photos, d’art ou de plongée sous-marine n’hésitez pas à aller faire un tour par le musée de la marine à Bordeaux. Personnellement, j’en suis sorti émerveillé par la beauté des fonds marins mais également interpelé par l’urgence de trouver une solution, un équilibre entre activités humaines et monde animal.

 

 

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Infos pratiques :

Jusqu’au mardi 30 avril 2019

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1erjanvier et le 25 décembre
De 10h à 18h du lundi au vendredi
De 10h à 19h le week-end
Dernier accès aux caisses 30 minutes avant la fermeture

Musée mer marine

89 rue des Étrangers, 33300 Bordeaux

Isadora Duncan par Jules Grandjouan

Cette exposition « Isadora Duncan par Jules Grandjouan » a attiré mon attention pour une raison particulière. Ce n’est pas une exposition entièrement dédiée à la danseuse Californienne Isadora Duncan, de renommée internationale, et ce n’est pas non plus une exposition du travail du peintre Jules Grandjouan. Ce qui est présenté ici est un art à plusieurs dimensions. C’est la fascination qu’avait le peintre Nantais pour la danseuse américaine qu’il admira pour la première fois en 1903 lors d’une représentation à Paris. Et depuis cette date, l’artiste n’a cessé d’essayer de transmettre l’élegance de la danse d’Isadora sous toutes ses coutures, en peignant, dessinant, et même en s’essayant à la poésie.

 

De plus, cette exposition est assez representative de la ville de Nantes ou plus de 80 œuvres et documents de l’artiste sont aujourd’hui stocké, à propos de son amitiée pour la danseuse : à la bibliothèque municipale, au Château des ducs de Bretagne, au musée d’histoire de Nantes et au musée d’arts de Nantes.

 

« Voila la première loi pour l’étude de la danse : étudier les mouvements de la nature » déclarera la pionnière de la danse moderne. Elle prône la simplicité en dansant souvent vêtue d’une simple tunique grecque, pieds nus sur la scène.

 

La symbolique grecque est très présente dans l’art de Duncan, et en conséquence, le peintre essaye de retranscrire au mieux cette présence.

Il est également possible de voir une vidéo d’Isadora, ce sont les seules images filmées qui existent d’elle. Bien qu’Isadora appréciait être représentée en peinture ou en sculpture, elle estimait que le cinéma et les photographie trahissait la vérité de ses mouvements

L’étendue du travail de Jules Grandjouan est imposante. Et cela est mis en avant au cours de l’exposition . « La rencontre avec Isadora a complétement changé mon art et ma vie », c’est sous cette citation de Jules que nous pouvons voir 32 représentations de la danseuse dans diverses positions, avec uniquement 2 couleurs: le corps et les drapés en or sur un fond bleu. C’est un agencement artistique qui présente l’avantage de pouvoir être admiré de loin autant que de près.

 

Cette exposition a pris fin en Avril, mais il est possible de retrouver le travail de ces artistes à Paris avec « Grandjouan dessine Duncan » , CND, 1, rue Victor-Hugo, Pantin (Seine-Saint-Denis). Tél. : 01-41-83-98-98. De 12 h 30 à 19 heures. Entrée libre. Jusqu’au 24 juin 2019.

 

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Eloge de la Sensibilité

Cette exposition tenant place au Musée d’arts de Nantes retrace la naissance de la sensibilité en peinture tout particulièrement pendant le siècle des Lumières (XVIIIe). Durant cette période, les sentiments et les affects sont mis en valeur, tant du côté littéraire que picturale. La sensibilité joue une place de plus en plus importante dans la peinture de genre (portraits, paysages, natures mortes) de Largilliere à Greuze et c’est cela que l’exposition Eloge de la sensibilité se propose de nous présenter. Cette connexion entre littérature et peinture est également présente lors de cette visite. Certaines citations illustrent ce que la peinture essaye de dire. On se retrouve alors plongé en plein milieu de ce siècle ou la transition entre l’obscurantisme et la révolution n’est plus qu’une évidence. Une mise en abyme est opérée lorsque l’on entre dans ce hall parsemé de tableaux, car c’est durant ce siècle que le goût et la sensibilité du public fait presque partie de l’œuvre. La critique d’art commence à se démocratiser encore sous la monarchie. C’est encore là, la sensibilité du public qui importe.

L’exposition étant très dense, j’ai fait une sélection de certaines œuvres que j’ai trouvé être les plus représentatives. Bien sûr il reste encore beaucoup à voir même après lecture de cet article.

La visite se décline en plusieurs parties, la première fait état du portrait et de sa lente transition du portrait officiel d’apparat à un portrait davantage naturel et sensible. La seconde s’intéresse à la famille et à l’enfance. Les profondes mutations de la structure familiale, tant du côté de sa composition que de sa représentation picturale. La troisième présente le regain d’importance d’un art auparavant considéré comme mineur : la représentation de la nature. Et enfin, la quatrième partie rend la matière sensible, cette dernière partie présente une grande originalité car elle est complémentée d’une promenade sensorielle ou le visiteur est amené à mettre ses sens à l’épreuve en touchant des matières représentées sur les tableaux et en écoutant des musiques de l’époque. L’intégralité de l’exposition contient des tableaux de toutes dimensions ainsi que des bornes d’écoutes qui font le lien avec la littérature qui est lue dans un casque.

La visite est organisée de manière classique, les salles se suivent selon un cheminement naturel et l’on découvre l’exposition de salle en salle. Nous sommes accueillis entre le rose balais et incarnadin qui tapisse les murs et distille une ambiance de boudoir coquet du début du XVIIème siècle. Une sorte de féminité se propage sur les premiers visages masculins que l’on voit accrochés au mur. Cet autoportrait de Nicolas de Largilliere est une introduction à la sensibilité et au siècle des Lumières. Nous n’y sommes pas tout à fait mais il ne s’inscrit pas dans le siècle précédent avec sa peinture, on s’éloigne doucement de l’art officiel du siècle de Louis XIV pour s’approcher de l’art sensible des Lumières.

C’est également durant cette période que se ressent une certaine attirance pour les mystères de l’orient. Un portrait de Suleiman Aga nous est présenté dans ce même salon rose ou sa representation sévère par une nuit orageuse s’inscrit pourtant avec élégance dans une ambiance rosée. Son turban et ses habits d’une teinte ocre rappellent les couleurs de la salle. Suleiman Aga est un général de cavalerie chargé de conserver de bonnes relations entre l’empire Ottoman et Versailles. Cette attirance pour l’Orient se fait également ressentir en littérature avec la traduction des contes de Mille et une nuits (1704) ou la publication des lettres persanes de Montesquieu (1721).

 Le portrait de la princesse de Lamballe est un exemple du portrait d’apparat. Il rappelle aisément les portraits royaux de puissance et de demonstration du pouvoir et de l’avoir. Les bijoux sont nombreux, l’étoffe est volumineuse et occupe la majeure partie du tableau, la paleur rosée de son teint rappelle les matières, les fleurs, sa robe ou viens se méler un doré de réussite et d’opulence. En effet, la princesse de Lamballe est très proche de la famille royale, ce qui lui vaudra la mort lors de la revolution. Mais à ceci s’ajoute une touche sensible. En effet les papiers devant elle indiquent que c’est une femme qui pratique et soutient les arts.

Certains autres portraits présentés sont plus classiques mais sont peints par des figures importantes dans le domaine du portrait comme Pierre Charles Trémolières

La suite de l’exposition fait figurer des portraits encore advantage sensibles et naturels. François de Troy peint une veuve qui fait face au peintre et est affectée par la disparition de son mari. Elle montre du doigt le tableau sur lequel celui-ci est peint. Si l’on s’approche advantage du tableau, on peut discerner des yeux humides et presque des larmes. On plonge dans l’intimité du couple ou nous sommes mis dans la confidence de la douleur de son deuil.

 

Des poses et attitudes de plus en plus orginales voient le jour tout en respectant les codes du portrait. Ainsi on peut voir sur le portrait d’homme de Phillippe Chéry un homme assis sur une chaise mais son dossier est tourné vers le spectateur et l’homme s’y accoude. Plusieurs éléments renforce l’idée de spontanéité encore rare dans l’art du portrait. La coiffure delicate, le chemisier ouvert et la pose détendue.

La seconde partie est dédiée à la representation de la famille et notamment l’évolution de l’image de l’enfant dans ces tableaux. La sensibilité de l’enfant prend de l’importance, l’enfant n’est plus l’adulte miniature appartenant à une grande lignée aristocratique mais il est doté d’une sensibilité et son education porté par son père et sa mère auront une grande importance sur son développement.

L’enfant lui-même est représenté avec sa sensibilité propre, enclin à s’adonner à des rêveries ou fantaisies. Ainsi on peut voir le jeune comte de Saint-Morys suspender sa lecture en costume de Pierrot de la Comédie Italienne peint par Jean-Baptiste Greuze vers 1782.

Le reste de l’exposition qui s’intéresse aux paysages et aux matières reste à découvrir au Musée d’Art de Nantes jusqu’en Septembre 2019, 10 rue Georges Clémenceau

 

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Calder – Picasso

Qui sont-ils ?

 

De son prénom Alexander Calder, est un peintre et sculpteur américain né le 22 juillet 1898 à Lawnton. Fils d’un couple d’artistes, ses parents dès l’âge de 8 ans lui installent un atelier dans la cave de leur maison californienne où Calder manipule et réalise différentes sculptures. Il suit d’abord des études en génie mécanique puis intègre l’Art Students League de New York. Puis les années qui suivent notamment les années 30, sont pour Calder les plus fertiles et ambitieuses, il produit et voyage énormément. En 1952, il reçoit le Grand prix de la Biennale de Venise, une consécration pour lui. Il réalise aussi le mobile du siège parisien de l’UNESCO en 1958, et à partir de ces années son talent artistiques est reconnu par tous.

 

 

Qui ne connaît donc pas Pablo Picasso ? L’un des plus artistes du XXe siècle, fondateur du cubisme et l’un des piliers de l’art moderne. Picasso est né à Malaga en Andalousie, en Espagne le 25 octobre 1881. Il étudia à l’École des beaux-arts, puis la Lonja et à l’Académie Royale San Fernando de Madrid. En 1901, il adopte le nom de sa mère « Picasso » comme signature, toutes ses œuvres seront ainsi alors signés de ce nom. Les débuts artistiques de Picasso sont symbolisés par différentes périodes, de 1901 à 1904 correspond à sa période Bleue où les tons froids à dominante bleue sont présente dans sa peinture, puis sa période Rose de 1905 à 1906 où ses œuvres sont plus douces que sa période précédente.

Picasso et George Braque sont les 2 représentant majeur du cubisme qui permet créer une nouvelle façon de peindre, par la décomposition des formes et la multiplication des points de vue simultanée sur une même œuvre, cependant la fin de la Première Guerre Mondiale marque la fin du mouvement. Picasso va alors prendre un nouveau tournant dans sa carrière et se tourner vers le Surréalisme.

Alors l’exposition ?

 

Pour la première fois, un musée nous présente une exposition de 150 œuvres de Picasso et de Calder où lorsqu’on compare leurs œuvres, on aboutit à un seul constat : l’exploration du vide a été au cœur de leur création.

Tout au long de l’exposition, entre les peintures de Picasso et les sculptures de Calder, on plonge dans une exposition en mouvement, il a des œuvres accrochés au 4 coins des murs des différentes salles mais aussi étonnement au plafond, ce qui surprend.

 

On monte et on descend pour se diriger vers les autres salles, on explore la vision des artistes par le biais de leurs œuvres sur cette question du vide et défié le mouvement des masses. Calder et Picasso ne la traitent pas de la même manière ce qui rend le parcours intéressant puisque chaque salle est mêlée par leurs perspectives.

Je ne t’en dis pas plus, c’est une exposition à vivre, tu peux voir certaines photos sur Instagram @narthculture, en plus c’est bientôt les grandes vacances donc pourquoi pas y faire un petit tour ? En plus, c’est gratuit pour les moins de 26 ans

 

 

Info pratiques :

Musée Picasso

5 Rue de Thorigny 75003

Ouvert de 10h30 à 18h

Gratuit pour les moins de 26 ans

Jusqu’au 25 août 2019

Maillol

Maillol, qui ?

De son prénom Aristide, Maillol est né en 1861 à Banyuls-sur-Mer, en France. Il est admis à l’École des beaux-arts de Paris de 1885 à 1893. Il devient ami avec Gauguin et comment alors à sculpter dès 1895.

Tout au long de sa carrière artistique, notre cher Maillol se place dans une carrière intemporelle sans essayer de se référer aux différents mouvements avant-gardistes de son époque.

Sa première exposition personnelle est organisée en 1902, puis est régulièrement exposée au Salon d’Automne dès 1904. Il participe également à l’Armory Show de New York.

Concernant ses œuvres artistiques, il étudie principalement le corps humain mais apprécie surtout les nus féminins plantureux qu’il peint ou sculpte debout, assises allongées, drapées, ou vêtues. Pour lui ceux sont des allégories qui représente des sentiments, des jours. Parfois, certains de ces personnages sont représentées comme des nymphes ou des femmes au quotidien. Il finira ses jours dans sa ville natale en 1944.

Le Musée Maillol retrace les œuvres les plus importantes de la collection de Maillol, le parcours de la visite nous présente donc différentes de ses créations : sculptures, peintures, dessins, terres cuites et tapisseries.

Le parcours de l’exposition nous retrace ainsi les différents moments de sa vie par ses œuvres que ce soit la peinture ou la sculpture, qui nous permettent à nous spectateur et admirateur à mieux cet artiste.

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Infos pratiques :

Musée Maillol

16 rue de Grenelle 75007

Ouvert de 10h30 à 18h30

Tarif jeune : 9,5€ (7-25 ans)

Plein tarif : 13,5€

 

Vue Imprenable

« Vue imprenable », retrospective paysage de l’art de Pierre Perron.

L’éphémérité de cette exposition nous donne l’image en négatif de la carrière picturale de Pierre Perron. 62 ans de peinture exposé au Studio Blondeel, 3 bis rue Louis Blanc. Le vestibule d’entrée est vide et sombre, il faut monter au premier étage pour trouver la lumière et le rayonnement des œuvres de Pierre Perron. Il ne me faudra pas 2 minutes pour qu’il m’accueille chaleureusement, heureux de voir des visiteurs qui ont été nombreux pendant ces 2 dernières semaines. Et qui se succèdent encore un dimanche. La diversité de son art se décline en peintures et photographies, avec un style qui a varié au cours des années toujours en conservant sa perspicacité. Cette exposition est dédiée à son Œuvre relative aux paysages. La majorité de ses travaux relatifs aux paysages s’y retrouvent, et cette rétrospective nous accompagne dans son cheminement artistique.

Je fais ici l’effort de retranscrire l’évolution et la diversité de l’art de Pierre Perron, il y a donc un maître mot à garder en tête en lisant cet article : « changement ». Dans ses œuvres mais aussi dans son style et art.

Je commence par visiter l’étage qui rassemble essentiellement des tableaux peignant des paysages de maisonnettes au bord de la mer se revendiquant d’une influence impressionniste. Des paysages ou se rencontrent la mer, les pins, la chaleur et les nuages bretons. Un environnement paisible qu’on dirait peint par une brise. Un souffle continu sur son ensemble de toiles.

Sur le mur voisin se trouve des peintures d’un port Vendéen non loin de ses paysages bretons. Une attirance pour l’ambiance calme d’un petit port se dégage de là. Les coques sont blanches, le ciel est gris. Le style est net, le coup de pinceau se rigidifie pour trouver des lignes continues et des couleurs moins chaleureuses.

C’est à ce moment de l’exposition que j’ai cru avoir compris quel était le style de Pierre Perron. Puis je suis tombé sur cette toile :

Non seulement ce n’était plus une huile sur toile, mais une huile sur bois de 2 mètres sur 4 mètres, mais également l’image dépeinte n’avait plus rien à voir avec ses précédentes œuvres peintes 10 ans auparavant. Il ne se posait plus en observateur de paysage mais en architecte de celui-ci à partir des signaux sensoriels que lui envoie son environnement. On reconnait son style entre cette huile sur bois et la précédente huile sur toile du port vendéen. On peut presque y reconnaitre la toile elle-même…

 

Un léger saut dans le futur nous propulse en 2018 pour nous présenter 3 autres huiles sur bois, appelées La balise des corbeaux. Voici l’un des traits que j’apprécie le plus chez ce peintre. Il constate le passage du temps sur un même paysage et parfois même sous différents angles comme cela est présenté ici.

La balise des corbeaux est exposée dans un renfoncement du studio qui présente de nombreuses toiles ou l’on peut voir des coques de bateaux dans différents contextes. L’un de ces environnements présente une coque de bateau finement observée au bout d’un corridor créé par 2 maisons. Une série de 6 peintures exposées côte à côte nous place en observateur du pâté de maison en dirigeant notre regard vers une perspective d’habitude relayée au second plan. Le bleu rappelant la mer de cette coque de bateau transperce le vide du corridor pour finalement occuper une place centrale au sein du tableau.

Cette série de tableau rappelle encore le style de Pierre Perron, à la manière de La balise des corbeaux, une même disposition est représentée ce qui démultiplie les effets des moindres détails. Une couleur, un ciel, une proportion ou un jeu de lumière diffère et l’œil est attiré par ce détail qui aurait pu passer inaperçu.

D’autres coques de bateaux sont là. Mais cette fois-ci, ce sont des épaves. Le temps est passé sur ces coques que nous avons pris l’habitude, depuis le début de l’exposition, de voir vecteurs d’activité, de mouvement. Maintenant elles sont les témoins d’un temps passé, éléments à part entière du paysage qu’elles décrivent.

La toile suivante fait presque penser à un cimetière avec une brume matinale qui se fraie un chemin parmi les ossements boisés. La coque qui est la plus intacte rappelle les traits d’un visage ombragé, entre la plainte et le sourire narquois.

L’huile des 2 étraves se rapproche du style du peintre Dali en s’affranchissant pourtant du surréalisme. S’il ne s’agissait pas d’étraves, il serait aisé d’y voir une divagation de l’esprit par ses formes et couleurs. Le bois même du cadre vieillit encore davantage nos étraves délaissées et courbées par le passage du temps, du sable et du vent.

Enfin, le troisième environnement dans lequel on peut voir des coques de bateaux est similaire à l’entre-deux maisons mais cette fois-ci dans la quiétude d’un jardin qui l’accueille. Ce qui rappelle à nouveau l’impressionnisme des jardins. La lumière est calme et apaisante, le bois des coques se font dans le paysage.

A travers le studio qui expose ses œuvres, on peut apercevoir ça et là des passages écrits par l’artiste et qui entrent en résonnance avec son art pictural. On découvre alors, en plus d’un peintre, un poète. « Certains parmi les anciens pensaient que la terre était plate et limitée. Je ne me moquerais pas d’eux car quelquefois, quand je pense à la petitesse de l’homme, je l’imagine ainsi, à mon échelle, plate mais infinie. […] Je préfère rêver d’un monde horizontal et sans fin. »

Nous arrivons à ce que je considère comme l’œuvre la plus représentative du travail de Pierre Perron : Les états de l’Erdre, peints en 2001. C’est un ensemble de 20 tableaux présentant la vue du fleuve l’Erdre tout au long d’une année. Le point d’observation est toujours le même et pourtant 2 tableaux ne se ressemblent pas. Lors de la conversation que j’ai eue avec lui, il m’expliquait qu’il en avait peint 20 mais qu’il aurait pu en peindre 200 tellement ce qu’il avait vu était passé par une multitude d’états différents aussi admirable les uns que les autres. Cela peut faire penser aux Nymphéas de Monet, ce que je lui ai fait remarquer. Il m’a rétorqué que ce lieu ou il peignait, il l’appelait justement « J’y vernis » en référence au Giverny normand.

C’est au-dessus des états de l’Erdre que l’on peut apercevoir des peintures surprenantes de modernisme pour l’année à laquelle elles ont été peinte : 1983, La Loire industrielle. Ce sont des laques polymérisées sur tôles d’aluminium dans un format 80x80cm. Le dessin est simplifié, presque signalétique et présente, comme son nom l’indique, l’industrialisation rapide de la Loire qui a eu lieu dans les années 80. C’est un art pixelisé avant même la démocratisation du pixel et sa représentation artistique.Cette section a pour thème l’arrivée de l’industrie sur les paysages naturels qui nous sont dépeint depuis le début de l’exposition. Une autre série de 5 peintures sur aluminium présente l’industrialisation de l’Erdre, peints 10 ans plus tard.

C’est aussi sur ce thème-ci que sa photographie et son dessin sont exposés. Quand il traite des paysages en photographie, on peut y voir de nombreux panoramas. Comme celui présentant la Loire et toutes les industries visibles sur ses quais. Ils s’étendent sur 1,80 mètres et d’une hauteur de 10cm, il y en a 3 exposés les uns au-dessus des autres.

On peut y voir dans ses dessins l’anticipation des peintures sur aluminium.

Pour finir la visite, une gigantesque huile sur bois de 2 mètres sur 5 mètres est posée sur le sol. C’est une peinture très colorée, avec de nombreuses formes dont les courbures et entremêlements valent la peine d’y approcher son regard.

Comme vous avez pu le constater à travers ces différentes œuvres, Pierre Perron ne s’est jamais ancré dans un style en particulier, amateur de paysage, il l’exprime et le représente de différentes manières. J’ai repris l’un de ces textes que je voulais inscrire ici comme une conclusion de cette exposition : « Pour déjouer l’indifférence du spectateur, pour orienter son regard à ma guise et dans ces conditions, pouvoir lui montrer les différents aspects d’un même objet, ou les variations des interrelations d’un groupe d’objets, je me suis passionné de perspective et de composition ».

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Giacometti

Giacometti qui ?

De son prénom Alberto, Giacometti est né en 1901, en Suisse dans le Val Bregaglia. Il suit l’influence artistique de son père, Giovanni Giacometti, un peintre impressionniste. Il fréquenta l’École des beaux-arts puis l’École des arts et des métiers à Genève. Puis s’installa à Paris en 1922, où il devient l’élève d’Antoine Bourdelle qui lui permettra de découvrir l’art africain, le cubisme et la statuaire grecque.

Il intégrera le mouvement surréaliste en 1931, mais suite à ses recherches sur la tête humaine et ses mystères, il se fera exclure du groupe en 1935.

Cependant, il continue à créer des silhouettes humaines et exposera notamment : « Homme qui marche » en 1947, à New York. Il obtiendra plusieurs le prix Carnegie en 1961, le Grand prix de la sculpture de la Biennale de Venise en 1962, le prix Guggenheim en 1964 et le Grand prix international de 1975, ce qui lui permet d’asseoir son statut en tant qu’artiste majeur de la sculpture moderne. Giacometti finira ses jours dans sa Suisse natale en 1966.

Giacometti au musée Maillol

Les œuvres de Giacometti étaient entourées d’autres sculptures telles que celles d’Auguste Rodin, de Constantin Brancusi ou encore Jacques Lipchitz.

Le parcours de l’exposition suit un ordre chronologique et thématique passant des œuvres du jeune Giacometti à ses sculptures emblématiques, à des œuvres d’arts graphiques et des documents d’archives notamment des photos de ses sculptures dans son atelier.

Ici, on retrouvera quelques-unes de ses sculptures majeures : « Homme qui marche », la « Grande femme » ou encore « Femme de Venise ». On est plongé dans l’univers imaginaire de Giacometti avec ses statuettes en bronze ou en terres cuites, ses dessins avec des figures filiformes, on y retrouve toutes ses influences africaines, grecques et cubique. Il a donné vie à ses sculptures en jouant avec les formes et les matières.

Un artiste à découvrir, des sculptures à voir, à contempler, prenez le temps de le découvrir.

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Infos pratiques :

Si tu n’as pas eu le temps d’aller à celle du musée Maillol, tu peux aller à celle de l’Institut Giacometti.

Institut Giacometti

5 Rue Victor Schoelcher, 75014 Paris

Prix : 9,50€